Juin 2019, en pleine canicule, la chaleur étouffe les petites sections de l’école maternelle Romain-Rolland à Orly. Philippe Bouriachi, parent d’élève, sort alors sa carte bancaire : dix ventilateurs neufs, 400 € payés de sa poche, pour rafraîchir les classes où le thermomètre grimpe à 40 °C. Soulagement de courte durée, car un inspecteur de l’Éducation nationale demande aussitôt leur retrait.
Le motif donné à ce père de famille ? Les appareils “ne seraient pas aux normes”. Dans la classe de sa fille, “sans rideaux ni stores, il fait 40 °C !”, s’agace Philippe Bouriachi. L’histoire aurait pu s’arrêter à un simple contrôle de sécurité. Elle va devenir un cas d’école de blocage administratif autour d’un don pourtant très concret.
De l’achat des ventilateurs à un imbroglio administratif à Orly
Tout commence quand l’école accepte les ventilateurs, avant qu’une visite d’inspection ne vienne tout figer. L’inspection académique du Val-de-Marne rappelle que “tout matériel qui arrive dans une école du premier degré est soumis à un règlement en lien avec la commune”. Traduction pour ce parent d’élève : il doit venir récupérer les dix appareils dans les jours suivants, alors que plusieurs classes étouffent déjà.
Le vendredi, Philippe Bouriachi se présente pour reprendre le matériel. On lui refuse l’accès en camionnette, puis un écrit expliquant la décision. La directrice renvoie vers l’inspection, qui renvoie vers la directrice, tandis que la mairie d’Orly affirme qu’il s’agit d’une décision de l’Éducation nationale. “Ces ventilateurs sont perdus au milieu d’un no man’s land administratif !”, fulmine le père. Une partie des appareils est restée dans les cartons, l’autre a été installée par des enseignants qui ne veulent pas s’en séparer et évoquent leur droit de retrait. Devant l’école, des mères jugent la situation “lamentable” et rappellent “c’est juste un don”.
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Normes, sécurité et appel d’offres : pourquoi l’inspection a dit non
Pour l’inspection académique du Val-de-Marne, la règle est claire : tout nouveau matériel doit passer par la commune et respecter les normes définies par le ministère, “pour se prémunir de tout risque pour la sécurité des élèves et du personnel”. Un ventilateur qui tombe, un câble défectueux, un départ de feu… en cas d’accident, la responsabilité de l’État et de la ville peut être engagée, tout comme celle de la direction.
Le Code de l’éducation confie aux communes la charge des écoles publiques, bâtiments et équipements compris. Cela signifie que même un appareil offert par un parent ne devrait pas entrer directement en classe sans validation, vérification électrique et inscription à l’inventaire. Dans cette affaire, l’absence de passage par la mairie et de procédure formelle a bloqué le don, alors même que les besoins étaient urgents dans les salles à près de 40 degrés.
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